Article : Interprétation créatrice

 

Claude Bessmann s’exprime sur le rôle de l’interprète

 

Il y a longtemps, dans une interview à la télévision, j’ai dit que je ne voyais pas la nécessité de continuer à donner des récitals et à être une interprète si c’est pour jouer (comme) les autres, alors que la plus haute des ambitions est de jouer (comme) soi.

Arrivée aujourd’hui à la maturité dans ma vie de pianiste, je sais que l’interprétation est créatrice.

Créatrice dans un deuxième temps, le premier étant la composition en elle-même – l’œuvre re-jouée, ré-éclairée de façon unique. Mais pour cela, le chemin est long et semé de questionnement car il impose la lecture la plus rigoureuse de l’œuvre et l’élucidation tout aussi sérieuse de la relation émotionnelle à l’œuvre.

Vladimir Jankélévitch dit : « Le bouleversement est un mouvement de retour sur soi, et non vers l’extérieur. »

Platon dit en parlant de la musique : « Elle s’empare de nous énergiquement. »

Je ne peux accorder un sens à mon travail d’interprète que dans cet éclairage.

 

 

 

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